Présentation du projet "TélételZéro"

- Pourquoi ?

L'idée "TélételZéro" a commencé à germer fin juin 2012 alors que le Minitel était sur le point de s'éteindre définitivement. L'arrêt de Transpac et de ses PAVI condamnait alors irrémédiablement la petite boite marron, obsolète, qui a accompagné tous les Français pendant presque 30 ans vers la voie de la modernité, à la poubelle. Telle était l'information vue et entendue dans tous nos médias le 30 juin 2012. Quelles en sont les conséquences ? Qu'en restera-t-il ?

A la fin des années 1990, (Libération 05/12/1997) Jacques Chirac s'émerveillait, et à juste titre, que "La boulangère d’Aubervilliers peut interroger sa banque par Minitel alors que la boulangère de New-York ne peut pas le faire". A bien y réfléchir, aujourd'hui, n'importe quel humain peut interroger sa banque depuis n'importe quel point du globe, d'un clic de mulot ou d'un glissement de pouce sur son smartphone sans que quiconque ne s'en émeuve. Quel progrès ... mais aussi, comment vais-je pouvoir, dans quelques années, décrire à mes enfants le monde dans lequel j'ai grandi, ce qui m'a tant passionné et émerveillé ... ? Il n'existe aujourd'hui plus rien qui soit en mesure de montrer cette pré-histoire technologique enterrée des l'aube de l'an 2000 (ref. PAGSI : Libération août 1997, Lionel Jospin mars 1999 et aout 1999 puis le bilan publie en 2002 - voir aussi "la technologie n'est qu'un moyen" en parallèle, sur les débuts de l'internet Français).

Pourtant, ce bilan pointe déjà (en page 13) une lacune fondamentale du Minitel et du WEB, à savoir "la mémoire du patrimoine numérique", illustrée aujourd'hui encore par cet article sur l'illusion de la bibliothèque universelle. Alors, que reste-t-il du "Minitel" ? Trois ans après la fin, hormis http://www.minitel.org qui tente de compiler des informations, aucune initiative ne semble émerger. On constate que la presse de 2012, mi-amusée, mi-nostalgique, ne traitait que très superficiellement (voire pas du tout ?) de la question de l'arrêt de la plateforme, ne se préoccupant pas de la préservation de son histoire (l'aventure technologique) ni de son contenu (l'aventure sociale) produit pendant ses 30 années d'usage, ne rebondissant pas non plus sur problématique de la neutralité du net, se focalisant sur l’anecdotique arrêt et diffusant accessoirement les propos d'un rétro-geek acharné ###(lien vers la vidéo introuvable à ce jour ...)###.

Aujourd'hui, à l'époque des réseaux sociaux, toute référence à "Minitel" ou à "3615" est synonyme de Franchouillardise ringarde, voir de fiasco. Ne subsiste en ligne (sur le WEB) que très peu de trace des "serveurs Minitel" qui étaient pléthore à cette époque, comme en témoignait en 2004, par exemple, ce mémoire en économie de l'innovation en entreprise intitulé "Le minitel : plus de 20 ans de succès". Les "centres serveurs" ont soit migré sur le WEB (par exemple, 3615 ULLA est devenu www.ulla.com), soit tout simplement fermé et disparu. Curieusement, les traces des "micro-serveurs" se trouvent maintenant sur-représentés, leurs animateurs (sysops) ayant conservé avec bonheur une certaine nostalgie de cette époque (source http://www.minitel.org/).


Ci-dessous, les quelques traces que j'ai pu retrouver

Serveur kiosque (Accès Télétel)

Micro-Serveur (Accès RTC)
3615 Akela Eureka (Eric)
3615 Eliott Pinky (Godefroy Troude)
3615 RTEL Pulsar (wizou)
  Ellis ()
  Stut-one (François Planque)
  EDTA (Alexandre Montaron)

Toujours est-il que ce qui témoigne encore de ce "glorieux passé" est rare et recherché (computerhistory.org/endangered online worlds), ce ne sont que quelques récits (liens parfois disponibles sur minitel.org), quelques copies écran, photos et vidéos, mais rien n'est à ce jour disponible au format natif de l'époque (en videotext donc) que l'on puisse afficher sur un bon vieux Minitel. Rien ? Alors il manque quelque chose, et ce "quelque chose", c'est "TélételZéro".

- Ça fait quoi ?

Dans l'idée et en un mot, puisque Transpac n'est plus, il faut "simuler" Transpac et ses PAVI ... puis construire un portail d'accès à des services, mettre à disposition des terminaux, et surtout, documenter l'ensemble; l'essentiel n'étant pas seulement la réalisation de la "prouesse" technique, mais d'ouvrir la possibilité aux "plus jeunes" de gouter aux joies de la télématique, telle qu'elle était avant l'ère de l'Internet. Le projet étant aussi ouvert que possible, il est envisageable et souhaitable que la communauté participe et l'enrichisse, notamment en développant des services proposant du contenu.

"teletel.org"

Ce site, hébergé par OVH, (teletel.org) est la base documentaire du projet. Y seront présentés et décrits, en Français et en Anglais, l'ensemble des éléments techniques mis en œuvre dans la conception et le fonctionnement de "TélételZéro". Il propose aussi un point d'entrée WEB direct vers "TélételZéro".

"TélételZéro"

C'est un ensemble auto-hébergé d'éléments, d'outils, aussi modulaires que possible, assemblés de telle sorte qu'avec un minimum de moyens techniques et financiers, un utilisateur néophyte puisse ressentir l'expérience "Minitel" de l'époque (voir ici pour plus de détails sur ces éléments).

- Je suis qui ?

Généralement, je me présente simplement comme "informaticien" (plus de détails ici). Je travaille actuellement pour un grand groupe automobile Français en tant que spécialiste en virtualisation. Mes centres d'intérêt s'articulent principalement autour de jouets paléo-technologiques (micro-informatique 8 bits ou antérieure aux années 1990, Minitel, automobiles non multiplexées, JEP échèle O, machines à vapeur ...), ainsi que la redécouverte et la transmission des compétences associées. Je suis un peu collectionneur, un peu syllogomane. Je suis par ailleurs assez sensibilisé aux notions de progrès, d'humanisme. et de liberté d'expression.